Café et grossesse

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La consommation de café et d’autres boissons contenant de la caféine (thé, chocolat, boissons au cola, boissons énergisantes, etc.) doit être limitée au cours de la grossesse et de l’allaitement pour prévenir les conséquences de la caféine sur le fœtus et sur le nourrisson.

Il n’est pas nécessaire de supprimer totalement la consommation de caféine, mais il est recommandé de modérer sa consommation. Le point dans notre article.

Caractéristiques de la caféine

Le café contient entre autres une substance énergisante, excitante, la caféine. D’autres boissons ou aliments contiennent de la caféine ou des substances assimilées en quantités plus ou moins importantes :

Teneur en caféine de certains aliments et boissons
Aliment ou boisson Teneur en caféine (mg)
Café (200 mL)
Expresso 70 - 140
Filtre 100 - 180
Instantané 60 - 90
Thé (200 mL)
Faible  15 - 25
Fort 80 - 100
Boissons gazeuses (cola ou énergisantes) (cannette de 355 mL) 30 - 65
Chocolat (60 g)
Chocolat au lait 5 - 20 
Chocolat noir 40 - 50

La caféine passe dans la circulation sanguine 30 à 45 minutes après avoir été ingérée et est progressivement éliminée dans les urines. Au cours de la grossesse, le métabolisme de la caféine est ralenti, le taux de caféine reste élevé pendant une durée plus longue et les effets de la caféine se font donc ressentir plus longtemps.

Effets de la caféine pendant la grossesse

La caféine est généralement consommée pour ses effets excitants et stimulateurs. Mais au cours de la grossesse, la caféine peut entraîner d’autres effets, qui touchent non seulement la femme enceinte, mais aussi le fœtus :

  • une accélération du rythme cardiaque chez le fœtus ou chez le nourrisson à la naissance ;
  • une augmentation de la pression artérielle ;
  • des troubles des mouvements respiratoires intra-utérins du fœtus ou une respiration accélérée du nourrisson à la naissance ;
  • parfois des vomissements à la naissance ;
  • une diminution de l’absorption du fer chez la femme enceinte, exposant à un risque accru d’anémie ;
  • une stimulation de la libération de cortisone et d’adrénaline ;
  • des effets diurétiques ;
  • une augmentation de la production d’acide gastrique pouvant accentuer les remontées acides fréquentes chez les femmes enceintes.

Le mécanisme d’action de la caféine est, à ce jour, encore mal compris mais il pourrait passer par une vasoconstriction utéroplacentaire, perturbant le développement fœtal.

À noter : ces différents effets se manifestent à des doses variables de caféine selon les personnes et en fonction de la fréquence de consommation. La consommation régulière de caféine entraîne une certaine tolérance à ses effets (il faut une dose plus élevée pour ressentir les mêmes effets). Généralement, les effets de la caféine se manifestent pour une consommation supérieure à 500 mg par jour.

D’autres effets de la caféine ont fait l’objet d’études scientifiques poussées, mais ne sont pas démontrés à ce jour :

  • La caféine n’entraîne aucun risque de malformation avéré même en cas de forte consommation. 
  • La caféine n’entraîne pas de risque de fausse couche. 
  • La consommation de caféine n’augmente pas les risques de complications de la grossesse (retard de croissance intra-utérin, rupture prématurée des membranes, prématurité, pré-éclampsie, ...). 
  • Une étude récente a mis en évidence des effets délétères de la caféine sur le développement cérébral des souris.

Mais si l'on en croit une récente étude, des prises de boissons caféinées (café et sodas), mêmes modérées (moins de 200 mg/j), sont associées à des valeurs plus faibles du poids de naissance de l’enfant, de sa taille, de son périmètre crânien et abdominal, de la circonférence de ses bras et de ses cuisses, témoignant d’une diminution de sa masse maigre.

Café et allaitement

La caféine contenue dans le café et d’autres boissons (thé, chocolat, boissons au cola, boissons énergisantes) passe dans le lait maternel et est donc consommée par le nourrisson au cours des tétées. De plus, son élimination de l’organisme du nourrisson est beaucoup plus lente que chez l’adulte. Les effets de la caféine sont ainsi prolongés chez le nourrisson allaité.

Une importante consommation de boissons contenant de la caféine peut entraîner des effets sur le nourrisson : un nourrisson nerveux et irritable, des troubles du sommeil, un risque d’hyperexcitabilité transitoire. 

Important : même si ces effets sont transitoires, il est important de limiter sa consommation de caféine pendant l’allaitement de la même manière qu’au cours de la grossesse.

Café et grossesse en pratique

En pratique, les autorités de santé recommandent de ne pas dépasser au cours de la grossesse ou de l'allaitement une consommation de caféine de 300 mg par jour, ce qui correspond à 2 à 3 tasses de café par jour (pour d'autres, il faudrait se limiter à un expresso par jour).

Une norme européenne impose l’étiquetage de la quantité de caféine, lorsque les produits contiennent plus de 150 mg de caféine par litre. Mais cette norme ne s’applique ni aux cafés, ni aux thés, ni à leurs produits dérivés. Il n’est donc pas toujours facile de connaître avec exactitude la quantité de caféine absorbée par jour.

Limiter de manière générale la consommation des produits contenant de la caféine est donc une habitude intéressante à adopter pendant la grossesse.

Le café peut être remplacé par du café décaféiné, qui ne contient que 4 mg de caféine par tasse. Il existe par ailleurs des variétés de thé sans théine, le thé rouge ou rooibos.

À noter : il est fortement recommandé de ne pas consommer de boissons énergisantes au cours de la grossesse et pendant l’allaitement. En effet, outre la caféine, ces boissons contiennent d’autres substances qui peuvent être nocives pour le fœtus et pour le nourrisson.

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