Couvade

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La couvade est un syndrome qui concernerait 10 à 30 % des pères : des envies alimentaires, une prise de poids, des nausées, une inquiétude... Ils éprouvent des « symptômes d'empathie » faisant écho à leur compagne enceinte.

Regardons en détail ce syndrome, bien plus fréquent qu'on ne le pense.

Avant la couvade : le rôle du père symbolisé

Chez certains peuples, le père n'assistant pas à la naissance se couche, crie, hurle... C'est une manière de protéger la mère et son enfant lors de la mise au monde.

Couvade ou « naissance d'un père »

Le père français ne se couche pas, ne crie pas, ne hurle pas, mais il peut traverser une grande diversité de symptômes physiques et psychologiques lors de la grossesse de sa femme, car comment la paternité peut-elle venir à un homme quand la grossesse lui échappe physiquement pendant neuf mois ?

Les symptômes physiques les plus habituels sont :

  • des nausées ;
  • des vomissements ;
  • des maux d'estomac ;
  • des troubles digestifs ;
  • des diarrhées ;
  • un appétit différent ;
  • des envies d'aliments ;
  • une prise de poids ;
  • des douleurs aux dents…

Bon à savoir : si vous avez des diarrhées ou des douleurs abdominales, ce ne sont pas forcément des signes de couvade. Et dans ce cas, mieux vaut consulter un médecin.

Les symptômes psychologiques s'expriment par : de l'inquiétude, une difficulté à se concentrer, de l'irritabilité, de la nervosité, des changements brusques d'humeur...

Apparition du syndrome de couvade

La plupart du temps, le syndrome de couvade :

  • commence au premier trimestre de la grossesse ;
  • s'atténue et même disparaît au deuxième trimestre ;
  • revient au troisième trimestre, puis s'arrête au moment de la naissance de l'enfant, ou quelque temps après.

Syndrome de couvade : ses causes

Selon les personnes et les domaines, les interprétations sont diverses et nuancées :

  • Les professionnels de la paternité pensent que le syndrome de couvade est lié à l'investissement du futur père envers de la grossesse de sa compagne. Il se prépare à son nouvel état de père.
  • La psychosociologie avance que ce peut être une réponse à la « transition au rôle de père ». Le syndrome de couvade aiderait le papa à apprivoiser ses émotions pour se préparer à sa tâche paternelle. Ce syndrome pourrait aussi s'expliquer par l'impression d'être mis à l'écart dans une période où l'attention est principalement portée vers la mère.
  • Du coté de la psychanalyse, la couvade exprimerait le désir que ressent le futur père envers la compétence de sa femme à « mettre au monde », ou bien l'appréhension de perdre sa place aux cotés de celle qu'il aime.

Marcel Rufo, pédopsychiatre, explique : « la mère gardera le privilège de la naissance, et du lien physique et fantasmatique ».

Que faire en cas de couvade ?

Le syndrome de couvade crée des questionnements profonds dans le couple, et pour vivre ces 9 mois d'attente uniques, dans le plus d'intimité possible tous trois, il est pertinent de tenter de chercher des réponses.

Échanger avec un ami, un médecin ou un thérapeute permet de confier ses émotions, ses craintes et toutes ses interrogations, de ne pas rester seul, et permettre ainsi que la grossesse de la future mère se vive en sérénité et harmonie. Chacun réagit de manière si personnelle et parfois inattendue à l'inquiétude !

À noter : l'haptonomie ou art du toucher, est un échange de caresses et de douceur entre le couple et le bébé pendant la grossesse. Cela peut aider le futur père, selon sa sensibilité, à « rencontrer » son enfant d'une manière tendre et charnelle favorisant entre eux une relation privilégiée.

Bon à savoir : le personnel soignant parle du « syndrome du coach » pour le père désirant jouer l' « entraîneur » : une manière pour lui d'être au plus près de la grossesse. Comme l'explique un témoignage : « Entourer Lise de mon mieux, ce n'est pas uniquement de l'altruisme : je suis très anxieux. » .

Ces pros peuvent vous aider