Vomissements pendant la grossesse

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Nausées et vomissements ne présentent en principe pas de danger, mais il arrive aussi que la mère n'arrive plus à se nourrir, et risque alors de se déshydrater et d'être privée de certains aliments. On vous dit tout des vomissements pendant la grossesse dans cet article !

Vomissements pendant la grossesse : leurs circonstances

Au cours du premier trimestre de grossesse, 50 à 80 % des mères souffrent de vomissements et de nausées. Ces symptômes sont particulièrement sévères (hyperémèse gravidique) chez environ un tiers des femmes (ils conduisent même à une hospitalisation au cours du premier trimestre dans 0,3 à 3,6 % des cas). Ils sont souvent l'un des premiers signes de la grossesse. Ces malaises surviennent à tout moment dans la journée.

Ils commencent souvent vers la sixième semaine de grossesse et s'arrêtent à la fin du premier trimestre. Mais certaines femmes enceintes en souffrent jusque vers la vingtième semaine. Dans d'autres cas encore plus rares (2 % des cas), les vomissements durent jusqu'à la naissance.

Les nausées et vomissements apparaissent souvent dès le réveil, au matin. Certaines odeurs les favorisent (tabac, parfums, certains plats cuisinés). Souvent, elles disparaissent après le petit déjeuner, mais peuvent aussi rester toute la journée.

À noter : certains aliments provoquent du dégoût parfois.

Causes des vomissements durant la grossesse

Les nausées et les vomissements restent mystérieux, et les médecins s'interrogent encore. Les transformations hormonales de la grossesse semblent être la cause des vomissements gravidiques, avec l'implication probable des :

  • hormone chorionique gonadotrope (hCG) ;
  • hormones thyroïdiennes (en début de grossesse) ;
  • hormones impliquées dans la régulation de la satiété, la perception du goût ;
  • hormones stéroïdiennes (le cortisol) ;
  • œstrogènes et progestérone (au début de la grossesse).

Mais aussi :

  • le relâchement des muscles de l'estomac ;
  • la fatigue ;
  • les émotions, les conflits, les sentiments paradoxaux vis-à-vis de la grossesse ;
  • les femmes attendant des jumeaux ou des triplés ;
  • les femmes enceintes ayant déjà eu des vomissements lors des grossesses antérieures ;
  • les femmes enceintes dont la sœur ou la mère a elle-même souffert de vomissements ;
  • les mères ressentant des migraines et le mal des transports.

Pourraient intervenir également des facteurs de prédisposition génétique, le sexe du fœtus, le faible indice de masse corporelle, le portage d’Helicobacter pylori

Source : d’après une conférence de presse du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (13 janvier 2023) en amont du congrès Pari(s) Santé Femmes (Lille, 25-27 janvier 2023).

Astuces pour éviter les vomissements

Voici quelques aides qui peut être amélioreront votre état nauséeux :

  • La contraction de l'estomac s'associe à un réflexe nerveux. Pour en éviter la douleur, essayez de prendre votre petit déjeuner au lit (ou gardez près de votre lit des tranches de pain complet pour vous éviter de vous lever), puis attendez au moins 15 minutes avant de vous lever.
  • L'association thé ou café avec du lait est difficile à digérer. Préférez une tisane de fenouil avec un petit déjeuner bien nourrissant.
  • Répartissez vos repas quatre fois dans la journée, avec un goûter. Mangez le plus doucement possible, en mâchant longuement, ce qui vous plait, et en vous relaxant.
  • Buvez un jus de citron chaud en vous réveillant.
  • Le gingembre possèderait des vertus calmantes pour l'estomac, mais on ne connaît pas réellement sa toxicité. Consommez-le frais ou en infusion seulement si vous êtes certaines de sa provenance, ou bien achetez des capsules en pharmacie ou magasins biologiques.
  • Reposez-vous, relaxez-vous car la fatigue augmente les nausées.
  • Si vous vomissez beaucoup, rincez votre bouche avec ce mélange : une cuillère à thé de bicarbonate de soude dans une tasse d'eau. Il va neutraliser l'acidité qui vient de l'estomac, et protéger ainsi l'émail de vos dents.
  • Afin de prévenir la déshydratation, buvez le plus souvent possible, et en petites quantités.

Vomissements pendant la grossesse : les différents traitements

Le traitement allopathique le plus habituel est le Donormyl®, délivré sans ordonnance (il traite les insomnies de la grossesse et agit en principe sur les vomissements) et le Diclectin® qui est vendu avec une prescription médicale : il contient de la vitamine B6 et un antihistaminique. Son emploi est controversé. Selon les sources, il ne représente pas de danger pour le bébé, ou au contraire, il pourrait y avoir un lien avec la sténose du pylore.

De grandes promenades dans la nature ou un parc en ville sont relaxants, détendent, apaisent, et vous oxygènent profondément vous et votre bébé.

Pratiques paramédicales

Vous pouvez opter pour l'acupression, une pratique où des bracelets particuliers font pression sur un point du poignet. Consultez une sage-femme acupunctrice qui saura vous comprendre et vous soutenir. Ou encore sur l'ostéopathie, l'acupuncture, l'électrostimulation ou l'hypnose : une ou quelques séances apportent un réel bienfait.

Pour ce qui est du traitement homéopathique :

  • Sepia 9 CH, 5 granules trois fois par jour pour des nausées matinales, des vomissements à la fin des repas, un dégoût pour la fumée de tabac, une attirance pour ce qui est acide (cornichon, citron, vinaigre). En effet, Sepia correspond aux signes nerveux de la femme enceinte.
  • Iris versicolor 9 CH, 5 granules avant les repas, pour les vomissements acides et les migraines.
  • Ignatia 9 CH, 5 granules 4 fois par jour pour des nausées qui s'apaisent avec des distractions. C'est le remède du spasme, de l'anxiété et de la sensibilité.
  • Ipeca 7 CH, 5 granules lors des nausées pour des vomissements importants avec une salivation excessive. Les nausées ne sont pas calmées par les vomissements.

Vous pouvez également vous tourner vers des probiotiques contenant environ 10 milliards de souches, en majorité des Lactobacillus. Ils permettent de réduire le nombre de vomissements d'un tiers.

L'hospitalisation

Une hospitalisation sera peut-être décidée pour stopper les vomissements, réhydrater et nourrir l'organisme avec une perfusion par voie intraveineuse et offrir un repos physique et psychique. En effet, si les vomissements sont trop conséquents, ils peuvent être dangereux pour la mère et son petit. C'est ce que l'on appelle l'hyperémèse gravidique. Aussi, consultez votre sage-femme ou votre médecin lorsque les vomissements sont abondants, et durent longtemps ; ou qu'il y a une perte de poids ou des signes de déshydratation comme la langue et la peau sèches, et des urines foncées.

L’hospitalisation n’est pas systématique et est fonction de la clinique et des dosages biologiques. Elle s'impose si on retrouve :

  • une perte de poids supérieure à 10 % ;
  • des signes cliniques de déshydratation (la langue et la peau sèches et des urines foncées) ;
  • un score PUQE (Pregnancy Unique Quantification of Emesis and nausea, score en trois questions coté de 0 à 15) supérieur à 13 ;
  • une hypokaliémie (taux de potassium inférieur à 3 mmol/L) ;
  • une hyponatrémie (taux de sodium inférieur à 120 mmol/L) ;
  • une créatininémie supérieure à 100 µmol/L ;
  • une résistance au traitement.

En cas d’hyperémèse gravidique justifiant une réhydratation parentérale, une supplémentation systématique en vitamine B1 est recommandée pour prévenir la survenue d’une encéphalopathie de Gayet-Wernicke (caractérisée par une confusion mentale, une désorientation temporo-spatiale et des troubles de l'équilibre).

À noter : les examens biologiques peuvent dans certains cas révéler une hyperthyroïdie.

Ces pros peuvent vous aider