Douleur de l'accouchement

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La douleur de l’accouchement est signe que le travail a commencé, et non qu’il y a un problème. Le corps va réagir en sécrétant des hormones qui facilitent l’accouchement et préparent la mère à allaiter et materner son nouveau-né. Différencier douleur et souffrance permet de comprendre que la première est un processus naturel et normal alors que la seconde est issue par exemple de la solitude, de la peur, d’une détresse, d’un abandon et peut alors changer la perception de la douleur. Petit tour d'horizon.

Douleur de l'accouchement : ses caractéristiques

La perception de la douleur est absolument personnelle et très particulière. Lui donner un sens, c'est l'envisager non comme agressive, mais pour préparer aussi symboliquement le passage entre les neuf mois de grossesse et la maternité.

Douleurs pendant les différentes phases de l'accouchement

Le travail, ou encore la dilatation, représente la première phase de l’accouchement. Les contractions utérines, qui accompagnent la progression du bébé dans le bassin de sa mère et entraînent l’effacement puis l’ouverture du col de l’utérus, sont de plus en plus fortes et douloureuses.

La douleur de l’accouchement est provoquée par exemple par une position particulière de l’enfant dans le bassin entraînant de très fortes douleurs lombaires : on parle alors d'un « accouchement par les reins ». La douleur peut aussi être augmentée par une posture inadéquate, l’état de santé ou la fatigue…

Si la naissance a provoqué une déchirure du périnée ou une épisiotomie, celle-ci est recousue sous anesthésie locale pour que la douleur ne se fasse pas ressentir.

La question de l'intensité de la douleur

La douleur ressentie s'accentue au long des heures et se situe surtout dans le bassin et le bas du dos, irradiant aussi dans les jambes. Au début, elle ressemble notamment à la douleur ressentie durant les règles.

Processus normal, elle n’est pas « insurmontable », elle s’apprivoise. À mesure qu’elle s’intensifie, le bébé s’approche. La pause, entre chaque contraction, invite à se détendre quelques instants. En comprenant ce qu’il se passe, en étant accompagnée, et « concentrée », la douleur se fait moins ressentir.

Bon à savoir : le corps sécrète des bêta-endorphines qui sont des hormones diminuant la douleur. Et la douleur utérine intervient dans l’augmentation de sécrétion d’adrénaline. Cette hormone est active pendant le travail et l’accouchement, procurant à la mère de grandes forces. Mais cette « alchimie » physiologique reste vulnérable et beaucoup de facteurs interférant, comme la peur ou la fatigue, risquent d’inverser son action.

Accompagnement face à la douleur de l’accouchement

La relaxation et la respiration détournent l’attention à la douleur et augmentent le calme en soi. Quel que soit le lieu de naissance choisi (maternité, maison de naissance ou chez soi), la qualité des personnes qui entourent la future mère et le couple est essentielle.

Un personnel médical qui écoute dans la bienveillance, qui est chaleureux, discret, et réconfortant permet à la femme enceinte de se sentir en sécurité et rassurée. Alors la douleur sera autre et apaisée. De même, un lieu à la lumière atténuée, et le plus silencieux possible joue un rôle positif.

Au moment de l’accouchement, les endorphines, de la même famille que la morphine, sont produites par le corps pendant une grande douleur et peuvent emmener la femme vers l’euphorie et un état second. Un nid d’intimité protégé, et la liberté d’être spontanée favorisent cette production d’hormones.

Douleurs de l'accouchement : la prise en charge

Méthodes de préparation aux douleurs de l'accouchement

Ces méthodes demandent une préparation de quelques semaines au fil de la grossesse :

  • La méthode Bonapace, l’auto-hypnose ou la sophrologie aident à respirer et à visualiser de manière positive dans l’instant présent.
  • L’acupuncture exerce une action analgésique, une accélération du travail et une diminution du temps d'expulsion. Les aiguilles généralement placées aux poignets et aux pieds stimulent le principe du yin ou le principe du yang. Certaines sages-femmes sont formées à l’acupuncture.
  • Les massages, l’acupression (diminue l’emploi de l’ocytocine, remède qui stimule le travail, et réduit sa durée) ou la réflexologie permettent de relaxer les muscles tendus et de se relaxer soi-même. Ils améliorent la circulation du sang, bloquent le message douloureux.

Bon à savoir : à propos du toucher, la douleur est « adoucie » lorsque l’on est touché, et que le conjoint ou une autre personne proche tiennent la main avec empathie.

Douleur de l'accouchement : administration médicamenteuse

Une perfusion de dérivés morphiniques pourra soulager selon les cas.

Un médecin anesthésiste peut réaliser une péridurale au moyen d’un cathéter qui conduit un produit anesthésique dans les racines nerveuses. Les contractions sont ressenties à priori « sans douleur ».

À noter : la péridurale analgésie l’organisme, mais n’apaise pas la psyché. Certaines femmes racontent des tensions et tiraillements éprouvants sous péridurale.

Ces pros peuvent vous aider