Cicatrice d'une césarienne

Sommaire

Les accouchements par césarienne représentent actuellement 20 % des naissances en France. Le recours à la césarienne intervient dans différentes circonstances :

  • en urgence lorsque les conditions du travail l’imposent pour préserver la santé de la mère et du bébé ;
  • programmée lorsque l’accouchement par voie basse est contre-indiqué pour la mère et/ou le bébé ;
  • de convenance

Dans tous les cas, la césarienne laisse une cicatrice à la fois sur la peau, mais aussi sur l’utérus (utérus cicatriciel). Des soins spécifiques sont effectués pour aider la cicatrisation. L’utérus cicatriciel expose à des risques particuliers notamment lors des grossesses futures.

Qu’est-ce qu’une cicatrice de césarienne ?

Une cicatrice de césarienne est une marque laissée sur le ventre d’une maman après une opération de césarienne. Lors de l’accouchement, une incision est pratiquée dans la paroi abdominale et l’utérus pour permettre la sortie du bébé. Cette incision, généralement basse et horizontale, est ensuite refermée par des points de suture ou des agrafes. C’est cette fermeture qui forme la cicatrice.

Le processus de guérison commence immédiatement après l’opération. Les tissus endommagés se réparent et se renouvellent. Cependant, la cicatrice peut rester sensible pendant plusieurs semaines post-accouchement. La souffrance associée est traitée grâce à des produits adaptés et des conseils de votre médecin.

Prendre soin de la zone est important et nécessite une attention particulière. Le massage aide à réduire l’apparence et l’effet de la cicatrice. Des massages doux avec une huile ou un massage avec une crème spécifique permettent d’assouplir les tissus et de favoriser la guérison. Des produits à base de miel ou de silicone sont souvent recommandés pour leur capacité à favoriser la guérison et à réduire l’apparence des cicatrices.

Dans certains cas, une intervention de chirurgie au laser peut être envisagée. Cependant, cette option doit être discutée avec un professionnel de santé.

Enfin, il est important de noter que chaque corps est unique et que le processus de guérison post-accouchement varie d’une personne à l’autre. Il est donc essentiel de suivre les conseils de votre médecin et de prendre soin de vous de manière appropriée.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter un spécialiste des massages cicatriciels, à Paris ou ailleurs, qui pourra vous donner des conseils personnalisés sur la gestion de votre cicatrice de césarienne.

Soins de la cicatrice de césarienne

Après l’intervention, la cicatrice de césarienne, le plus souvent horizontale et située dans la pilosité pubienne, est recouverte d’un pansement, qui bénéficie de soins particuliers par les infirmiers ou les sage-femmes au cours du séjour à la maternité puis par un infirmier à domicile.

Le pansement est généralement retiré après quelques jours. Les agrafes ou les fils de suture sont retirés entre 5 et 10 jours après l’intervention, sauf dans le cas de fils résorbables.

Dans les jours suivants, quelques précautions sont nécessaires au niveau de la cicatrice de césarienne :

  • ne pas la frotter ou la masser pendant la douche ;
  • bien la sécher après la douche avec un tissu ou papier à usage unique pour limiter le risque d’infection (un sèche-cheveux peut être utile pour sécher la cicatrice les premiers jours) ;
  • bien se laver les mains avant de la toucher ;
  • maintenir la zone bien sèche, en utilisant si besoin du talc en cas de forte transpiration. 

Après quelques jours, la marque entraîne des tiraillements associés à la cicatrisation des tissus. Ces tiraillements peuvent se poursuivre pendant plusieurs semaines après l’intervention. Ils s’accompagnent souvent d’une insensibilité de la peau au niveau de la cicatrice. Cette insensibilité peut persister longtemps après l’accouchement.

Pour favoriser la cicatrisation et le retour de la sensibilité, il est possible après 2 à 3 semaines de réaliser des massages sur la zone concernée :

  • dans un premier temps des simples pressions et des petits ronds ;
  • dans un second temps : exercer des pressions plus soutenues, tirer la cicatrice vers le haut, masser en zigzag, la faire rouler sous les doigts ;
  • des cataplasmes d’argile verte une ou deux fois par semaine pendant 2 heures.

À noter : les massages peuvent être effectués avec de l’huile d’amande douce, une crème hydratante corporelle ou des crèmes spécifiques qui favorisent la cicatrisation. L’effet cicatrisant du miel est aussi souvent conseillé pour aider la future maman. Il est recommandé de ne pas exposer la cicatrice au soleil au cours de la première année.

Cicatrisation : défauts possibles

La cicatrice de césarienne est située au niveau de la paroi abdominale qui comporte 3 couches successives : la peau, la graisse sous la peau, la paroi musculo-aponévrotique. 

Au départ, il se forme souvent un petit bourrelet autour, qui va disparaître progressivement au cours des mois. Au fur et à mesure de la cicatrisation, la marque s’éclaircit pour devenir blanche. Après quelques années, il ne reste plus qu’un trait fin et clair.

Cependant, dans certains cas, elle cicatrise mal. Cette mauvaise cicatrisation peut alors entraîner :

  • des cicatrices adhérentes ;
  • des cicatrices trop larges ou irrégulières ;
  • des bourrelets sur la cicatrice ;
  • un relâchement de la paroi abdominale. 

Des séances de kinésithérapie ou d’ostéopathie peuvent permettre de traiter certains défauts de cicatrisation par le massage de la zone. Ces défauts de cicatrisation peuvent également être corrigés par des techniques de chirurgie esthétique (révisions de cicatrices). 

Un autre défaut de cicatrisation est la cicatrice chéloïde :

  • les cicatrices chéloïdes ou cicatrices hypertrophiques sont des cicatrices qui s’épaississent, deviennent dures et s’accompagnent de démangeaisons ;
  • les femmes à peau mate ou noire sont plus sujettes aux cicatrices chéloïdes ;
  • la chirurgie ne permet pas de réparer ces cicatrices, qui sont prises en charge par des traitements médicaux (pansements compressifs ou au silicone, injections de corticoïdes).

Il est toutefois possible de recourir à la toxine botulinique : d'une part, son effet réduit les phénomènes de traction sur les berges de la plaie, d'autre part, en paralysant les muscles autour, elle empêche la formation de la cicatrice chéloïde et elle neutralise les sensations de grattage et de douleur. Par ailleurs, la toxine botulinique n'entraîne aucun des effets secondaires (télangiectasieatrophie cutanée) que l'on rencontre avec les stéroïdes.

Source : Cartier H et coll. : Les toxines botuliniques d’aujourd’hui et de demain. 29e congrès de la Société Belge de Médecine Esthétique & Lasers (Bruxelles) : 26-27 avril 2019.

Les précautions à prendre

Dans les premiers jours après l’intervention, les mouvements du haut du corps génèrent de la souffrance au niveau de la cicatrice. Certains gestes anodins, comme tousser, éternuer ou rire peuvent être douloureux. Ces effets s’estompent progressivement.

Important : dans les premières semaines, il est totalement proscrit de faire des abdominaux ou de soulever des charges lourdes. La reprise progressive du sport est possible sur avis médical après quelques semaines.

La cicatrice de césarienne entraîne généralement des douleurs du bas du ventre, qui incite la femme à se pencher spontanément vers l’avant pour limiter les tiraillements. Le maintien de cette posture sur plusieurs semaines entraîne un déséquilibre postural (basculement du bassin vers l’avant, perte de mobilité du bassin, contractions des muscles thoraciques, respiration thoracique) qui peut être à l’origine de troubles musculaires et osseux : arthrosedouleurs dorsalescontractures musculaires.  

Pour prévenir la survenue de ce déséquilibre postural et de ses conséquences, il est crucial de se tenir droite dès que possible et de retrouver rapidement sa mobilité habituelle. Des séances de kinésithérapie et/ou d’ostéopathie corrigent précocement les problèmes de posture avant qu’ils ne s’installent définitivement.

Complications de la cicatrice de césarienne

La cicatrice de césarienne peut entraîner des risques à connaître :

  • une infection qui se manifeste par une cicatrice rouge et douloureuse, accompagnée de fièvre. Du pus peut s’écouler naturellement ou un drain peut être mis en place pour faciliter son écoulement. La cicatrice est désinfectée tous les jours. Parfois un traitement antibiotique est nécessaire ;
  • un hématome sous la cicatrice ; 
  • une mauvaise suture de la plaie avec un écoulement de sang et/ou de pus. 

Par ailleurs, la cicatrice de césarienne ne concerne pas uniquement la paroi abdominale, mais aussi l’utérus. L’hystéroscopie est un examen clé pour observer les caractéristiques de la cicatrice utérine et de l’utérus cicatriciel. Ce dernier peut d’ailleurs lui aussi être à l’origine de complications pour la femme, à court, moyen ou long terme :

  • un nodule d’endométriose ou d’adénomyose peut se former sur la cicatrice utérine. Ce nodule, parfois douloureux, provoque des saignements anormaux. Il peut alors être enlevé au cours d’une hystéroscopie ;
  • il peut ne pas cicatriser complètement et devenir fragile ; 
  • un isthmocèle : cicatrisation incomplète associée à une déhiscence (ouverture) importante de la cicatrice. L’isthmocèle provoque généralement des métrorragies cycliques (saignements) accompagnées de souffrances pelviennes et parfois de dysménorrhées (perturbations des cycles menstruels). L’isthmocèle peut entraîner une infertilité secondaire. Cette pathologie n’est pas obligatoirement traitée, et n’empêche pas une grossesse normale, mais dans certains cas, elle peut nécessiter une intervention chirurgicale ; 
  • des incidents peuvent survenir lors d’une nouvelle grossesse :
    • un risque de grossesse extra-utérine si l’embryon s’implante au niveau de la cicatrice (grossesse sur cicatrice de césarienne). Cette complication est rare, mais met en jeu le pronostic vital de la mère (risque d’hémorragie importante ou de rupture utérine). Elle impose donc dès son diagnostic un arrêt immédiat de la grossesse par un traitement médicamenteux (méthotrexate) et une hystéroscopie ;
    • un risque de rupture utérine au niveau de la cicatrice au moment de l’accouchement.

Bon à savoir : les défauts de cicatrisation de la cicatrice utérine varient selon la forme de la cicatrice effectuée par le gynécologue.

En conclusion

  • Une cicatrice de césarienne est le résultat d’une incision faite lors de l’accouchement. Les soins appropriés, y compris le massage de la zone et l’application de produits spécifiques (huile, crème, miel, …), sont essentiels pour une bonne guérison.
  • Le processus de guérison commence immédiatement après l’opération, mais des défauts comme une cicatrice hypertrophique ou une chéloïde peuvent survenir.
  • Il est important de prendre des précautions pour éviter les complications, comme protéger la marque du soleil et éviter les activités physiques intenses pendant la guérison.
  • Consultez un médecin si vous remarquez des signes d’infection, si la cicatrice s’ouvre, ou si vous ressentez une douleur intense ou de la fièvre.

Ces pros peuvent vous aider