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Réduction embryonnaire

Mis à jour le 17/12/2021

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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medecin medical operation avortement hopital
© Thinkstock
Procréation médicalement assistée (PMA)

Sommaire.

  1. Définition de la réduction embryonnaire
  2. Qui est concerné par la réduction embryonnaire ?
  3. Réduction embryonnaire : que dit la loi ?
  4. Protocole et techniques de la réduction embryonnaire
  5. Les risques de la réduction embryonnaire

Dans le cas d’une grossesse multiple, l’équipe médicale et les parents doivent parfois envisager une réduction embryonnaire, qui peut être nécessaire pour la santé de la mère et du futur bébé.

Définition de la réduction embryonnaire

La réduction embryonnaire est une forme d’interruption de grossesse. Elle consiste à extraire un ou plusieurs embryons de l’utérus, mettant fin à leur développement. Elle est à la fois volontaire et médicale :

  • Volontaire : pour des raisons personnelles, la femme ou le couple ne souhaite pas avoir plus de deux enfants lors de cette grossesse.
  • Médicale : la grossesse multiple met en péril la santé de la mère et/ou d’un ou plusieurs des embryons. La réduction embryonnaire permet alors d’augmenter les chances de mener la grossesse à terme.

Le but principal de la réduction embryonnaire est d’éviter les problèmes associés aux grossesses multiples de haut rang (3 embryons ou plus), en particulier la grande prématurité et les problèmes psychologiques, sociaux et économiques que peuvent rencontrer les familles.

Qui est concerné par la réduction embryonnaire ?

Le nombre de réduction embryonnaire a augmenté en même temps que le nombre de PMA (procréation médicalement assistée) et de fécondation in vitro. Ainsi, beaucoup de couples ayant eu des difficultés à avoir un enfant ont recours à la réduction embryonnaire. En effet :

  • Les traitements de stimulation de l’ovulation peuvent entraîner l’émission de plusieurs ovules, qui peuvent quelquefois être tous fécondés.
  • Pour multiplier les chances de réussite d’une grossesse, plusieurs embryons sont transférés dans l’utérus lors de la fécondation in vitro.
  • Il arrive que tous les embryons transférés « tiennent » : les parents peuvent alors envisager une réduction embryonnaire.

De plus, on sait que les grossesses multiples sont dites « à risques », qu’elles soient naturelles ou médicalement assistées :

  • problèmes médicaux graves pour la mère ;
  • risque de mortalité de la mère multiplié par 3 (hémorragie post-partum) ;
  • risque de prématurité de 90 % (dans le cas de triplés) ;
  • augmentation du risque de mort fœtale.

La réduction embryonnaire, ou interruption sélective de grossesse, peut également être pratiquée lorsqu’un embryon présente une anomalie grave.

Réduction embryonnaire : que dit la loi ?

L’interruption volontaire partielle de grossesse multiple a été encadrée par la loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 modifiant l’article L. 2213-1 du Code de la santé publique.

La pratique de la réduction embryonnaire qui consiste à éliminer un embryon ou un fœtus dans le cadre d’une grossesse multiple ne peut être pratiquée que dans les 12 premières semaines de grossesse « lorsqu’elle permet de réduire les risques d’une grossesse dont le caractère multiple met en péril la santé de la femme, des embryons ou du fœtus ».

Les parents sont libres de faire une demande de réduction embryonnaire, mais également de la refuser lorsque celle-ci est proposée par l’équipe médicale.

Deux médecins, membres d’une équipe pluridisciplinaire chargée d’examiner la demande de la femme, attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, que les conditions médicales, notamment obstétricales et psychologiques, sont réunies.

Protocole et techniques de la réduction embryonnaire

La réduction embryonnaire est longuement discutée entre les parents et l’équipe médicale, mais seul le couple prend la décision finale.

  • L’intervention est précédée d’un examen échographique approfondi.
  • Elle est pratiquée sous anesthésie générale.
  • La durée de l’intervention varie nettement en fonction du nombre d’embryons, de la morphologie de la patiente et des conditions techniques.
  • Après l’intervention, des antispasmodiques et des antibiotiques sont prescrits à la patiente. Une échographie de contrôle est réalisée dans les 24 h suivant l’opération.
  • Une aide psychologique sera toujours proposée à la mère et/ou au couple : cette intervention, même très réfléchie, peut être mal vécue. N’hésitez donc pas à consulter un professionnel qui saura vous épauler.

Le choix des embryons

Il faut savoir que le ou les embryon(s) à « supprimer » ne sont pas choisis au hasard :

  • La présence d’une malformation ou d’une anomalie chromosomique est le premier critère à prendre en compte.
  • L’état et le nombre de placentas et de poches des eaux sont ensuite examinés.
  • Enfin, le médecin étudie la position et l’accessibilité des différents embryons.

Les techniques de réduction embryonnaire

Il existe deux techniques de réduction embryonnaire, toutes deux réalisées sous contrôle échographique :

  • Par voie abdominale : c’est la plus fréquente. Elle se déroule vers la 11e semaine d’aménorrhée. Un produit est injecté dans le ou les embryon(s) pour en stopper l’activité cardiaque.
  • Par voie transvaginale : elle a lieu en général entre la 7e et la 9e semaine d’aménorrhée.
À noter

La technique transcervicale n’est aujourd’hui plus utilisée.

Les risques de la réduction embryonnaire

L’objectif principal de la réduction embryonnaire est de limiter le risque de grande prématurité des grossesses multiples de haut rang et ses conséquences, mais il faut savoir que cette intervention n’est pas sans risque pour le ou les fœtus restant(s), car elle peut provoquer :

  • une fausse couche spontanée, qui survient dans environ 4 % des cas ;
  • une infection au niveau du placenta.

La réduction embryonnaire ne permet pas de prévenir le risque de fausse couche lié aux grossesses multiples de haut rang. Elle comporte au contraire un faible risque plus élevé de perte de l’ensemble de la grossesse, avant 24 semaines d’aménorrhée.

La réduction embryonnaire permet cependant une diminution substantielle du risque d’accouchement prématuré.

La réduction embryonnaire permet de diviser le risque de naissance à 29-32 semaines par un facteur 2 (réduction à 2 embryons) à 5 (réduction à 1 embryon), en cas de grossesse triple.

À noter

Si la réduction embryonnaire permet de limiter le risque de prématurité, il faut savoir que les progrès de la médecine périnatale ont permis de diminuer considérablement la mortalité des triplés prématurés.

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