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Syndrome d’Asherman

Mis à jour le 06/06/2019

Temps de lecture estimé à 4 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Gynecologie
© Thinkstock
Grossesse

Sommaire.

  1. Syndrome d’Asherman : caractéristiques
  2. Causes et symptômes du syndrome d’Asherman
  3. Syndrome d’Asherman : diagnostic et traitement

Le syndrome d’Asherman est une pathologie de l’utérus, responsable d’adhérences qui peuvent entraîner des troubles du cycle menstruel et de la fertilité. Quelles sont les causes du syndrome d’Asherman, quel traitement adopter ? Réponses maintenant !

Syndrome d’Asherman : caractéristiques

Qu’est-ce que l’utérus ?

L’utérus est un organe creux constitué d’un corps, un isthme, et un canal cervical qui débouche sur le col. La paroi de l’utérus, ou endomètre, est destinée à recevoir l’embryon lorsqu’il y a fécondation. En l’absence de fécondation, elle se désagrège et provoque un flux sanguin, ce sont les menstruations.

Définition et spécificités du syndrome d’Asherman

Le syndrome d’Asherman est une pathologie de la cavité utérine, responsable d’adhérences fibreuses appelées synéchies qui accolent les parois entre elles. L’endomètre en lui-même est souvent endommagé, remplacé par des tissus cicatriciels.

Le syndrome d’Asherman complet est rare et correspond à une oblitération complète de la cavité utérine. Les formes partielles, plus fréquentes, correspondent à des accolements limités à une partie de la cavité. Le col utérin peut être affecté ce qui peut entraîner son obturation. Les trompes peuvent également être touchées.

Origine du syndrome

Ce syndrome est à l’origine d’une réduction de la taille de la cavité utérine et d’une altération de la qualité de l’endomètre, responsables :

  • d’un diminution voire l’absence des menstruations par altération de la surface fonctionnelle de l’endomètre ;
  • d’une difficulté pour l’ascension des spermatozoïdes dans la cavité utérine ;
  • d’une mauvaise implantation de l’embryon au sein de l’endomètre avec un risque de fausse couche précoce ou tardive et d’accouchements prématurés ;
  • de problèmes de positionnement du placenta ;
  • de l’apparition d’une endométriose (présence d’endomètre en dehors de la cavité utérine, à l’origine de douleurs cycliques).

Causes et symptômes du syndrome d’Asherman

Le syndrome d’Asherman survient suite à un traumatisme utérin :

  • un curetage (abrasion de la cavité utérine afin d’éliminer des résidus d’embryon ou de placenta) répété ou agressif ;
  • une césarienne ;
  • des chirurgies de l’utérus ;
  • interventions visant à détruire l’endomètre (laser, anse thermique, techniques de réchauffement) ;

Il peut également survenir suite à une infection de l’endomètre (IST, tuberculose, bilharziose) ou à des synéchies (adhérences) par atrophie physiologique après la ménopause.

Il peut être asymptomatique dans les formes légères. Dans le cas contraire, il se manifeste par des troubles du cycle, des douleurs cycliques ou une infertilité.

Mais aussi par un risque accru et significatif pendant la grossesse : fausses couches à répétition, anomalies du placenta : placenta prævia, placenta accreta, accouchements prématurés, présentations vicieuses du fœtus au cours du travail.

Syndrome d’Asherman : diagnostic et traitement

Le diagnostic de syndrome d’Asherman est confirmé par :

  • une échographie pelvienne ;
  • une hystérosalpingographie : injection, en introduisant un cathéter dans l’orifice du col utérin, d’un produit de contraste dans la cavité utérine, puis réalisation de clichés radiographiques qui évaluent l’aspect de la cavité utérine ;
  • une hystéroscopie diagnostique : elle consiste à introduire, via le col de l’utérus, une sonde munie d’une caméra afin d’explorer la cavité utérine.

Le syndrome se découvre parfois fortuitement dans les formes asymptomatiques, lors d’une exploration de l’utérus pour une autre pathologie.

Le traitement est envisagé lorsqu’il existe un projet de grossesse ou s’il existe des douleurs cycliques, mais il est aussi proposé de manière préventive afin de limiter le risque d’apparition d’une endométriose.

Bon à savoir

Même si ces facteurs de risques ne sont pas confirmés, on suspecte un faible poids de naissance (ou une prématurité), un IMC faible, des menstruations précoces et des cycles menstruels courts (moins de 24 jours), la consommation d’alcool ou de caféine, l’exposition à des produits chimiques de l’environnement (solvants, pesticides, insecticides, fongicides…) sans oublier l’aspect génétique qui ne peut être écarté (sources: Cano-Sancho G. et al. Environ Int. 2019 Feb;123:209-223. doi: 10.1016/j.envint.2018.11.065).

Décidé au sein d’une équipe pluridisciplinaire (obstétricien, chirurgien spécialisé, endocrinologue, etc.), il comporte deux étapes :

  • Une cure de synéchies : il s’agit de détruire les adhérences par hystéroscopie, sous anesthésie générale ou péridurale. Dans certains cas peu sévères, la simple introduction d’une sonde dans la cavité permet de libérer les synéchies.
  • Une laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) dans les cas les plus sévères afin d’accompagner les gestes effectués par hystéroscopie.

Un traitement hormonal à base d’œstroprogestatifs à dose élevée pendant plusieurs mois est donné, ce qui permet une restauration de l’endomètre endommagé à partir de foyers d’endomètre sain. Dans tous les cas, il est conseillé d’utiliser une contraception tant qu’il y a encore des adhérences.

Bon à savoir

Les possibilités de mener à bien une grossesse une fois les adhérences enlevées dépendent de la qualité de l’endomètre, de l’absence de tout tissu cicatriciel, de son épaisseur mais aussi de son caractère continu ou non.

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