Lorsque des facteurs perturbent le bon déroulement de l’accouchement, on parle de dystocie.
Découvrez les diverses situations qui peuvent se présenter, et les moyens dont disposent les équipes médicales pour aider la future maman et son bébé dans notre article.
Dystocie : définition
La dystocie désigne l’ensemble des difficultés qui peuvent survenir au cours d’un accouchement et ainsi compliquer la venue au monde d’un bébé. Dans ce cas, le travail ne se déroule pas normalement et dure plus de temps qu’à l’accoutumée.
Il n’est généralement pas possible de prévoir ces phénomènes en amont, les équipes médicales doivent s’adapter pour faire face à la situation.
On distingue généralement deux catégories de dystocie :
- les dystocies mécaniques, liées à des caractéristiques physiques du bébé ou de la maman ;
- les dystocies dynamiques : le travail progresse difficilement, le col de l’utérus ne se dilate pas assez rapidement.
Causes et conséquences de la dystocie
Les causes de la dystocie sont très nombreuses. Lorsqu’elles sont associées au bébé, il peut s’agir :
- d’une mauvaise présentation de celui-ci, qui s’engage en siège, par le front, la face, à l’oblique (passant l’épaule en premier), au lieu de se présenter par le sommet du crâne ;
- d’un poids important (provoqué par exemple par un diabète gestationnel de la maman) ;
- d’épaules très larges (on parle de dystocie des épaules) ;
- d’une malformation de la tête, par exemple l’hydrocéphalie, conduisant à une augmentation de son volume, ou le méningo-encéphalocèle (une hernie contenant du tissu cérébral est présente au niveau du crâne) ;
Lorsque les causes sont associées à la maman, on parle :
- d’un problème au niveau du col de l’utérus, provoqué par une intervention chirurgicale antérieure (un cerclage du col par exemple, destiné à le resserrer au cours de la grossesse pour éviter une fausse couche), une maladie (cancer par exemple), un spasme… ;
- des contractions de trop faible intensité, ou trop espacées ;
- de présence d’un obstacle physique (kystes notamment), ou d’un rétrécissement (vaginisme) ;
- de l’étroitesse du bassin ;
- des efforts pour expulser le bébé qui ne sont pas efficaces ;
- d’une obésité : elle est associée à une augmentation du risque de dystocie des épaules et plus le stade de l’obésité est élevé plus le risque est grand.
En cas de dystocie, l’accouchement est plus long, ce qui est très éprouvant pour la maman. De plus, les contractions sont plus fortes, car l’organisme cherche à faciliter la descente du bébé, ce qui augmente le risque d’une rupture de l’utérus, l’une des situations les plus redoutées.
La dystocie peut également engendrer une souffrance fœtale : le bébé est mal oxygéné et la situation doit être rapidement prise en charge pour éviter de graves complications.
Dystocie : comment y remédier ?
Plusieurs méthodes existent pour faciliter l’accouchement en cas de dystocie :
- Des mesures pour faciliter le travail : dans un premier temps, des mesures simples peuvent être prises pour accélérer le déroulement du travail, comme inciter la future maman à marcher ou adopter une nouvelle position sur la table d’accouchement. La position gynécologique classique n’est en effet pas la plus adaptée à la mise au monde du bébé.
- L’administration d’un traitement médicamenteux : l’équipe médicale peut juger utile d’administrer à la future maman de l’ocytocine pour accentuer les contractions. Un gel à base de prostaglandine peut également être utilisé par voie vaginale.
- L’utilisation d’instruments : pour faciliter l’expulsion du bébé, le recours à différents instruments (ventouse, forceps, spatule) est parfois indispensable. Dans la plupart des cas, une épisiotomie est pratiquée. Cette incision facilite l’insertion des instruments et limite les risques de déchirure.
- La césarienne : en cas de dystocie, une césarienne peut être décidée en urgence ; elle se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou péridurale. Elle consiste à extraire le bébé par une ouverture pratiquée dans l’abdomen de la maman. Environ 20 % des naissances ont lieu par césarienne, cet acte est très courant dans les maternités, bien qu’il laisse un utérus cicatriciel, et donc fragilisé.