Utérus rétroversé

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L’utérus rétroversé correspond à une orientation anormale de l’utérus, qui touche entre 20 et 30 % des femmes. Cette position de l’utérus n’est pas pathologique, mais elle peut occasionner des douleurs au moment des règles, des rapports sexuels et au cours du premier trimestre de la grossesse.

La plupart du temps, aucun traitement n’est recommandé en cas d’utérus rétroversé. Une intervention chirurgicale n’est nécessaire qu’en cas de douleurs très importantes.

Le point dans notre article.

Caractéristiques et anatomie d'un utérus rétroversé

L’utérus est situé dans la cavité pelvienne en arrière de la vessie et en avant du rectum. Chez plus de 70 % des femmes, l’utérus est en position normale, antéversé, c’est-à-dire couché sur la vessie. Plusieurs positions anormales de l’utérus sont décrites :

  • les antérodéviations de l’utérus (hyper-antéversions et/ou hyper-antéflexions utérines) ;
  • les rétrodéviations de l’utérus (hyper-rétroversions et/ou hyper-rétroflexions utérines) ;
  • les latérodéviations utérines droites ou gauches.

Important : l’utérus rétroversé (ou plus précisément l’utérus rétroversé rétrofléchi) est l’anomalie de position la plus fréquente, qui touche entre 20 et 30 % des femmes. L’utérus rétroversé est orienté vers l’arrière.

Dans certains cas, l’utérus passe de l’antéversion lorsque le rectum est plein à la rétroversion lorsque la vessie est pleine.

La rétroversion de l’utérus ne constitue pas en elle-même un état pathologique, même si elle peut être associée à une pathologie. Plusieurs contextes peuvent expliquer la rétroversion de l’utérus :

  • une origine congénitale (rétroversion dès la naissance) ;
  • après un accouchement (relâchement de certains ligaments) ;
  • un fibrome utérin généralement chez les femmes de plus de 40 ans.

Utérus rétroversé : symptômes et conséquences

La rétroversion de l’utérus n’entraîne la plupart du temps aucune conséquence, aucun symptôme et aucun risque pour la santé de la femme enceinte. La rétroversion de l’utérus n’a aucun impact sur la fertilité. Elle est ainsi découverte le plus souvent par hasard lors d’un contrôle gynécologique.

Cependant, chez certaines femmes, la rétroversion de l’utérus peut entraîner des symptômes plus ou moins importants :

  • des douleurs pelviennes importantes avant et pendant les règles (dysménorrhées), accompagnées de douleurs sacro-lombaires ;
  • des douleurs au moment des rapports sexuels (dyspareunie) qui peuvent durer plusieurs heures après le rapport sexuel ;
  • des troubles digestifs (constipation, douleur à la défécation) et urinaires (difficulté pour uriner, envie fréquente d'uriner) ;
  • un risque accru de prolapsus génital (descente de l’utérus vers le bas, entraînant parfois d’autres organes : vagin, vessie, rectum, intestins).

Bon à savoir : il n’est pas rare que les douleurs ressenties par la femme ne soient pas directement liées à la rétroversion de l’utérus, mais à des pathologies associées comme l’endométriose (maladie inflammatoire de l’utérus). La relation entre les douleurs ressenties et la rétroversion de l’utérus est parfois complexe à établir.

Utérus rétroversé et grossesse

La rétroversion de l’utérus n’a le plus souvent aucune conséquence sur la fertilité ni sur le déroulement de la grossesse.

Durant le premier trimestre de la grossesse, la rétroversion de l’utérus peut provoquer des douleurs liées au redressement progressif de l’utérus. En effet, la plupart du temps, la rétroversion se corrige spontanément entre la 12e et la 14e semaine d’aménorrhée suite à l’augmentation de volume de l’utérus. L’utérus passe alors en position d’antéversion.

Dans de rares cas, l’utérus reste en position de rétroversion au-delà du premier trimestre de grossesse :

  • Il existe alors un risque d’enclavement de l’utérus dans le petit bassin, s’accompagnant de compression veineuse, de douleurs pelviennes importantes et d'une rétention urinaire.
  • Dans ce cas, une manœuvre par voie vaginale, réalisée le plus souvent sous anesthésie générale, permet de repositionner l’utérus en antéversion à la fin du premier trimestre.

Traitement d'un utérus rétroversé

La majorité des femmes ayant un utérus rétroversé ne souffrent d’aucun symptôme et ne nécessitent donc aucun traitement particulier. En revanche, lorsque la rétroversion de l’utérus s’accompagne de douleurs très importantes, une prise en charge est indispensable. Le gynécologue prescrit tous les examens nécessaires pour détecter d’éventuelles pathologies qui pourraient expliquer les douleurs.

Pour confirmer la relation entre les douleurs et la rétroversion de l’utérus, un test au pessaire est proposé. Les pessaires sont des dispositifs médicaux en forme d’anneaux souples (en caoutchouc, en plastique, en latex ou en silicone) placés dans le vagin pour maintenir l’utérus en position normale d’antéversion.

Si la mise en place du pessaire permet d’atténuer, voire de supprimer les douleurs, le lien entre les douleurs et la rétroversion est établi et une intervention chirurgicale peut être prescrite. L’intervention chirurgicale permet de positionner l’utérus en antéversion de manière définitive.

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