Les bacilles de Döderlein sont les principales bactéries constitutives de la flore vaginale. Elles assurent le bon fonctionnement et l’équilibre de l’écosystème vaginal. Leur présence est capitale pour limiter le risque d’infection vaginale. D’autres facteurs peuvent aussi déséquilibrer l’écosystème vaginal. Différents traitements sont alors possibles.
Écosystème vaginal et bacilles de Döderlein
Le vagin constitue un écosystème particulier qui renferme de nombreuses bactéries constitutives de la flore vaginale. Le milieu vaginal est composé d’eau, de substances dérivées du sang, de glaire cervicale (sécrétée par le col du l’utérus), de cellules de la muqueuse vaginale, de globules blancs, de bactéries de la flore vaginale dont les bacilles de Döderlein.
Les bactéries de la flore vaginale
La flore vaginale normale regroupe un ensemble d’une dizaine d’espèces de bactéries non pathogènes dans les conditions physiologiques : des bactéries issues de la flore intestinale et de la flore oro-pharyngée ainsi que des lactobacilles. Ces derniers, les plus importants, sont aussi appelées bacilles de Döderlein et forment la flore de Döderlein. Ils sont responsables du pH acide normal du vagin (entre 3,8 et 4,5), car ils transforment les glucides en acide lactique. Leur concentration est variable mais peut atteindre jusqu’à 107 germes par millilitre de sécrétion vaginale.
| Lactobacilles producteurs de peroxyde d’hydrogène | Lactobacillus crispatus ; Lactobacillus gasseri ; Lactobacillus jensenii ; Lactobacillus iners |
|---|---|
| Autres bactéries | Gardnerella vaginalis ; Corynebacterium ; Peptostreptococcus spp ; Staphylococcus spp ; Prevotella spp ; Streptococcus spp ; Bacteroides spp ; Escherichia-coli ; Mycoplasma hominis ; Klebsiella spp ; Ureaplasma urealyticurn ; Proteus spp |
Les variations physiologiques de la flore vaginale
Tout en restant normale, la flore vaginale varie selon différents facteurs. Le premier d’entre eux est l’âge. La flore vaginale, directement liée aux œstrogènes (hormones féminines), est très différente avant et après la puberté, et après la ménopause (sauf en cas de traitement hormonal de substitution). Le cycle menstruel est également déterminant sur la flore vaginale. Certaines bactéries sont moins présentes avant et après les règles. Le mode de contraception peut modifier la flore vaginale. C’est le cas du port du stérilet. La grossesse (modification des œstrogènes) et l’activité sexuelle (pH très alcalin du sperme) sont également des facteurs de variation de la flore vaginale.
Quel est le rôle des bacilles de Döderlein ?
La flore vaginale normale, dominée par les bacilles de Döderlein, tend à minimiser le risque d’infection vaginale par quatre moyens :
- la protection de la muqueuse vaginale ;
- la production d’un film protecteur aux actions antibiotiques, antifongiques et antivirales ;
- le maintien d’un pH acide qui inhibe la colonisation par des agents pathogènes, normalement absents de la flore vaginale ;
- la production de peroxyde d’hydrogène qui détruit certaines bactéries pathogènes.
Dès que la présence des lactobacilles diminuent dans la flore vaginale, un déséquilibre de l’écosystème vaginal se produit et peut entraîner une infection vaginale.
Les causes de modification de la flore vaginale, outre les variations physiologiques précédemment citées, sont nombreuses :
- le stress ;
- le tabac ;
- la prise de médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires) ;
- l’hygiène intime (manque d’hygiène ou au contraire excès d’hygiène) ;
- des troubles endocriniens (pathologies de la thyroïde, diabète) ;
- la transmission d’agents pathogènes par voie sexuelle.
Comment rétablir l’équilibre des bacilles de Döderlein ?
La présence et la quantité de bacilles de Döderlein dans la flore vaginale peuvent facilement être étudiées grâce à un simple prélèvement vaginal analysé par des techniques de microscopie. Le pH des sécrétions vaginales est également un bon indicateur de la présence en quantité suffisante de bacilles de Döderlein.
En cas d’insuffisance de bacilles de Döderlein, le risque d’infection vaginale augmente fortement. Cela peut survenir ponctuellement, par exemple à la suite d’un traitement antibiotique prescrit pour une infection non génitale. Mais cet état peut aussi devenir chronique lorsque les épisodes d’infection vaginale se répètent. La flore vaginale est alors souvent altérée après la ménopause, par exemple, lorsque les œstrogènes diminuent.
Pour rétablir l’équilibre de la flore vaginale (qui limite le risque d’infection), plusieurs traitements, à l’efficacité variable selon les femmes, sont disponibles :
- un traitement médicamenteux par des œstrogènes (contraception ou traitement hormonal de substitution) ;
- un traitement par des œstrogènes locaux ;
- des compléments à base de lactobacilles (tampons hygiéniques, capsules vaginales) ;
- des soins d’hygiène intime qui n’altèrent pas le pH acide de l’écosystème vaginal.